grenache
merlot
cabernet-sauvignon
carignan
grenache et carignan
syrah
labours
Copyright © 2002-2004 Domaine de BANNIERES . Pierre GUIBAL, Webmestre

Pour pouvoir labourer, il faudra peut-être écimer (rogner) certaines vignes, mais juste ce qui est nécessaire pour laisser passer le tracteur... Il n'est pas question de passer l'écimeuse tous les 15 jours; il y a un temps pour la pousse, à respecter au début mais pas à stimuler en permanence; puis à la véraison, un temps pour la fructification, favorisée notamment par l'arrêt de la feuillaison.
Chez nous, pas d'effeuillage, les souches ont assez de soleil comme ça; un feuillage important aide à maintenir l'ombre au pied des souches et permet une photosynthèse abondante qui assurera une meilleure fructification.
Que dire de ces souches écimées à outrance qui arborent de nouveaux rameaux au moment des vendanges... ou de ces grappes qui n'ont pour se nourrir que les deux ou trois feuilles de leur sarment ... ! Cela ne devrait pas se voir sous le soleil du Languedoc. Hélas, si !

Cependant, il n'est pas question de chambarder la structure du sol : par labour, nous entendons plutôt griffage, binage, sarclage. Bien sûr, après passage d'engin lourd, comme la machine à vendanger, il faudra décompacter le sol plus profondément pour le restaurer, d'autant que cela nous permettra alors de butter les souches pour les protéger d'un gel trop intense et de laisser un sillon central pour évacuer les pluies d'hiver; le "décavaillonage" que l'on fera au printemps permettra de nettoyer le pied de souche.

Partisans convaincus du labour superficiel des vignes (griffage, binage, sarclage) en ce qu'il renforce l'expression du terroir,
nous sommes contre le désherbant qui masque la typicité du terroir et qui est une calamité
sur le plan environnemental (ruissellement, inondation). Ne faudrait-il pas que l'INAO (Institut National des Appellations d'Origine) révise ses critères et
impose que les tènements classés en AOC soient labourés
?

(comme c'était le cas au début des AOC, puisqu'il n'y avait pas de désherbant).
vin bio du Pays d'Oc

*

En 2002 , il y a eu peu de pression au niveau mildiou;
cependant, nous avons fait sept traitements avec
hydroxyde de cuivre + soufre mouillable + mouillant
(Kocide 35, Microthiol disperss et Escapade).
Plus un soufrage poudre sur la floraison (soufre trituré Coq).
Le traitement contre la flavescence dorée est réalisé avec roténone + mouillant (Rotenobiol + Escapade), très efficace en 7 à 10 jours, quoiqu'on en dise (autant que l'on puisse en juger par son action sur la cicadelle des grillures)...
cabernet-sauvignon palissé
grenache... sans mildiou
la syrah a soif
stress hydrique
cabernet-sauvignon avant palissage
Parcours cultural 2002

Suite à la nouvelle réglementation européenne concernant l'usage du cuivre en culture biologique, nous avons été amenés à réduire les doses de cuivre car,
si nous avions appliqué les doses homologuées par les fabricants de produits phytosanitaires, nous n'aurions pu effectuer que trois traitements... Après avoir pris connaissance des essais de l'ITAB (Institut Technique Agriculture Biologique), nous avons décidé de ne traiter qu'avec
500 g de cuivre métal/ha
...
et ça a très bien marché puisque, comme en témoignent les diverses photos présentées, la protection a été très efficace.
Nous n'avons vu apparaître les premières tâches de mildiou que fin juillet, encore que très rares, sur des entrecoeurs, dans des endroits humides, parce que nous avons espacé les traitements et que la pulvérisation a été contrecarrée par un vent latéral et une végétation excessive.


Ce qui compte, c'est non seulement la dose de cuivre, qui peut être réduite, mais surtout la fréquence des traitements et leur positionnement en fonction de la pression de la maladie, de la pousse des sarments ou des risques météorologiques annoncés.
Cela impose : une surveillance constante du vignoble,
une prise en compte des prévisions météo,
ainsi qu'une disponibilité permanente pour faire les traitements aux moments qui s'imposent :

*
avant la floraison pour protéger la fleur, promesse de récolte,
* pendant la floraison pour une application de soufre trituré, cela favorise la fécondation,
* à la nouaison pour assurer la protection après la chute des capuchons floraux,
*
à la fermeture de la grappe,
* en début de véraison, etc. ...


Sans oublier la surveillance parasitaire et là, il n'y a que la loupe pour repérer les acariens, les cicadelles et autres vers de la grappe à la face inférieure des feuilles.
Bien sûr, il ne faut pas oublier l'ébourgeonnage (épamprage) indispensable pour limiter les agressions parasitaires qui viennent du sol ou
du pied de la souche et pour supprimer les gourmands.
De même, dès que les sarments seront suffisamment longs, il faut palisser les vignes pourvues de fil releveur.
Cela : - favorise un feuillage important pour les cépages à port retombant en évitant l'écimage,
- aère ainsi la zone fructifère, ce qui évitera la pourriture les années pluvieuses,
- rend le raisin accessible aux produits de traitement (cuivre, soufre, préparations végétales...), et
- procure une ombre salutaire au pied de la souche.


Sans oublier les labours, indispensables pour :
- décompacter le sol, ce qui permet à la pluie de s'infiltrer,
-
aérer la zone superficielle où se trouvent tous les micro-organismes qui alimentent la plante : c'est la faune épigée, qui fonctionne en aérobie,
- ne pas se laisser envahir par les mauvaises herbes, concurrentielles pour la vigne et qui peuvent donner un goût désagréable au vin (aristoloche, carotte sauvage...).
Le labour permet la vie microbienne des sols, apporte l'engrais vert et favorise l'humus.
En coupant les racines superficielles entre les rangs, le labour oblige la souche à puiser ses ressources plus profondément, renforçant ainsi l'expression du terroir. De plus, cela permet de garder une terre souple pour réduire le stress hydrique de l'été (un binage vaut deux arrosages, disait...).


Pour les traitements,
il faut, en cours de campagne, rehausser les buses du pulvérisateur, contrôler la qualité de la pulvérisation et bien préciser les passages de l'appareil, de façon à alterner les rangs et le sens de passage : ainsi on évitera "les trous" et la protection des souches n'en sera que meilleure.

Conclusion
: en tenant compte du dernier traitement des "cabernet" qui n'avaient pas eu le premier traitement à cause de débourrement tardif (cf. la page "Vendanges"), et si nous n'avions utilisé que Kocide 35 à la place de Bouillie bordelaise disperss, nous n'aurions appliqué que
3.5 kg et 3.85 kg de cuivre métal par hectare.

La réglementation européenne autorise actuellement 8 kg / ha !...